Miniaturisation des composantes – Des chercheurs de l'UQAM collaborent à un projet visant à relever les défis posés par la congestion des réseaux de télécommunications.

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Photo: Nathalie St-Pierre
Philippe Babin, président d’Aeponyx, les professeurs Frédéric Nabki et Michaël Ménard du Département d’informatique de l’UQAM.
Montréal – 9 mars 2015 – La multiplication des appareils mobiles intelligents et des services offerts sur Internet, comme la vidéo sur demande, expliquent la croissance exponentielle du nombre de données circulant sur les réseaux optiques. La mise en place de ces nouveaux services nécessite la création de mégacentres de données, ces immeubles contenant des milliers d’ordinateurs qui traitent, enregistrent et répartissent de grandes quantités d’informations. Réussir à connecter efficacement tous ces ordinateurs pour qu’ils répondent aux requêtes des nombreux utilisateurs du Web représente un défi stratégique.

Les professeurs du Département d’informatique Michaël Ménard et Frédéric Nabki lancent, avec leur partenaire industriel Aeponyx, une entreprise du domaine de la transmission des données par fibres optiques, un projet de circuits optiques-mécaniques qui entend répondre aux défis posés par la congestion des réseaux de télécommunications. L’innovation réside dans la miniaturisation de composantes rendue possible par la combinaison de la photonique sur silicium avec les microsystèmes électromécaniques (MEMS).

La photonique sur silicium permet une miniaturisation à l’échelle microscopique des structures optiques utilisées dans les composantes qui permettent le traitement et la répartition du flot d’informations qui transite par les réseaux optiques. Les MEMS permettent de contrôler mécaniquement la propagation de la lumière dans ces microstructures optiques. La combinaison de ces deux technologies, mise de l’avant dans cette collaboration, est une innovation importante dans le domaine des télécommunications, car elle ouvre la porte à une large gamme de nouvelles composantes de réseaux optiques miniaturisées et moins coûteuses, comme des émetteurs-récepteurs accordables et des commutateurs optiques destinés, entre autres, aux mégacentres de données actuellement en construction chez des géants de l’industrie comme Apple, Facebook ou Amazon. Ultimement, les retombées de ce projet amèneront ces réseaux à consommer moins d’énergie, un aspect important d’une réseautique plus verte.

Cette technologie a été développée par les professeurs Michaël Ménard et Frédéric Nabki, fondateurs du laboratoire de microtechnologies et de microsystèmes (Micro2). En plus d’une connaissance approfondie des procédés de microfabrication, les chercheurs du Micro² ont une vaste expérience de la conception et de la caractérisation de systèmes électroniques, optiques et mécaniques sur puce.

Une collaboration fructueuse 

Les chercheurs de l’UQAM et les ingénieurs d’Aeponyx collaborent depuis l’automne 2013. Ils ont conclu récemment une entente globale de recherche et de développement technologique de trois ans. Aligo Innovation, la société qui valorise les actifs de propriété intellectuelle de l’UQAM, a octroyé à Aeponyx une licence mondiale, exclusive et sans restriction d’utilisation dans le marché des télécommunications, pour la production et la commercialisation d’une technologie intitulée «Microfabrication Platform for Guided-Wave Optics and Micro-Electro-Mechanical Systems Integration».

«Il s’agit d’un projet technologique innovant et porteur, qui est le résultat d’une collaboration exemplaire entre l’industrie et le milieu de la recherche universitaire, ce avec l’appui du gouvernement», affirme Philippe Babin, président d’Aeponyx.

Le projet est financé à hauteur de 1 million de dollars par Aeponyx et par le programme de partenariat du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), qui y investit 568 000 dollars. À l’étape de la négociation de l’entente de recherche, les chercheurs de l’UQAM et Aeponyx ont bénéficié de l’aide du SePSI et d’Aligo Innovation.

«En plus de mettre en évidence la microélectronique, un des domaines de pointe de l’UQAM, ce projet permet à notre équipe de collaborer avec de jeunes professeurs, une relève dynamique de notre Faculté des sciences, tout en contribuant à la formation d’étudiantes et d’étudiants prometteurs», estime Caroline Roger, directrice du Service des partenariats et du soutien à l’innovation (SePSI).

«Nous croyons énormément au potentiel de cette technologie issue de l’UQAM, compte tenu de l’évolution du marché des télécommunications», affirme Richard Romagnino, directeur, développement des affaires, chez Aligo Innovation.

Référence:

http://www.actualites.uqam.ca/2015/projet-recherche-menard-nabki-circuits-optiques-mecaniques